Revalorisation des petites retraites : un coût maintenant connu

Un récent rapport remis au gouvernement pointe les difficultés rencontrées par les retraités percevant une pension modeste. Il tente par ailleurs de chiffrer l'effort financier à fournir pour rétablir une plus grande équité chez les anciens travailleurs pauvres ou aux carrières hachées. Faut-il s'attendre à une hausse généralisée des petites retraites ?

Revalorisation petites retraites

Petites retraites : quelle est la situation actuelle ?

Au mois de mars dernier, le Premier ministre Jean Castex commandait aux députés Lionel Causse et Nicolas Turquois un rapport sur la thématique très sensible des régimes de retraite. L’objectif : établir un diagnostic des retraites les plus modestes en France, et suggérer des pistes pour corriger les inégalités les plus criantes.

Les « retraités pauvres », comme ils sont régulièrement surnommés, constituent une véritable problématique sociale en France. Selon le rapport remis au gouvernement ce lundi 10 mai 2021 par les deux parlementaires, pas moins de 5,7 millions de retraités percevraient ainsi une pension d’un montant inférieur à 1 000 € brut par mois. Cette situation pose question dans un contexte où les pensions de retraite ont été faiblement revalorisées ces dernières années malgré la hausse du coût de la vie.

Les retraités les plus pauvres sont :

  • à 75% des femmes, souvent du fait d’une carrière professionnelle interrompue pour élever des enfants et entraînant donc une décote importante à la liquidation de la pension ;
  • d’anciens travailleurs pauvres ou cotisant faiblement, dont les travailleurs agricoles par exemple.

2 milliards d’euros pour une pension minimale à 85% du SMIC

En vue de résorber les inégalités de traitement après la fin de la vie active, les députés Lionel Causse et Nicolas Turquois préconisent entre autres, d’ici 2025, une revalorisation automatique à 85% du SMIC concernant les pensions de retraite versées après une carrière complète. Le rapport reprend en cela un engagement qui avait été pris lors de la réforme des retraites, reportée à une date indéterminée suite à la crise sanitaire.

Le coût de la mesure, qui toucherait environ 1,15 million de bénéficiaires, a été estimé à 2,1 milliards d’euros par an. Une somme non négligeable, mais dont le montant doit être relativisé par rapport au montant total des dépenses de retraite qui s’élevait par exemple à 314 milliards d’euros en 2017.

Par ailleurs le coût de la réforme serait amené à s’estomper progressivement du fait de l’extinction des générations concernées et de l’entrée en vigueur de la future réforme des retraites.

Une revalorisation déjà engagée pour les agriculteurs

Dès le mois de novembre 2021, la pension de retraite minimale des exploitants agricoles devrait être revalorisée au niveau de 85% du SMIC, contre 75% actuellement. La mesure, confirmée par le Premier ministre Jean Castex en avril, fait suite au vote de la loi du 3 juillet 2020 visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles. Elle vise à offrir une retraite plus décente à une population qui connaît souvent une très grande précarité.

Le coup de pouce est loin d’être insignifiant : cela fait passer le montant minimal de la retraite des agriculteurs à 1 035 €, et devrait entraîner une augmentation de 120 € en moyenne pour les quelques 227 000 agriculteurs directement concernés.

Il est encore difficile de prédire si le gouvernement souhaitera relancer la réforme des retraites avant la fin du quinquennat et, surtout, s’il suivra la proposition de ce rapport parlementaire en généralisant la hausse des petites retraites.