Sofitel Montréal : les salariés déplorent la perte de leurs avantages sociaux

À l'approche de l'été et de l'assouplissement des mesures sanitaires, de nombreux salariés devraient faire leur retour à l'hôtel de luxe Sofitel de Montréal pour reprendre leur poste. Or l'ambiance s'annonce houleuse dans les couloirs habituellement feutrés de cette institution, où les négociations relatives à la conservation des avantages sociaux du personnel ont récemment échoué.

Sofitel perte avantages sociaux

Québec : un dialogue social mené dans les entreprises hôtelières

Faisant suite aux conséquences économiques de la crise sanitaire et à l’arrêt brutal de leur activité, de nombreuses entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration au Québec ont connu des difficultés. Dans la majorité des cas, les syndicats de salariés ont engagé avec la direction des entreprises la négociation d’une lettre d’entente, qui définit les conditions dans lesquelles les salariés pourront conserver les avantages liés à leur statut et à leur ancienneté.

Une perte des statuts d’emploi et d’ancienneté au Sofitel Montréal

Cette négociation semble avoir complètement échoué du côté de Sofitel, avec des conséquences potentiellement très pénalisantes pour les salariés du groupe. L’arrêt d’activité a entraîné, pour beaucoup, la perte du statut de travailleur à temps plein.

À défaut du statut de travailleur à temps partiel, qui leur aurait permis de conserver quelques avantages, les salariés du Sofitel ont été reclassés en travailleurs occasionnels. Cela a pour conséquence la disparition de nombreux avantages dont les travailleurs à temps plein bénéficiaient du fait de leur statut et de leur ancienneté, comme :

  • leur régime d’assurance santé ;
  • la cotisation obligatoire de l’employeur au régime enregistré d’épargne‑retraite (REER) ;
  • des congés payés supplémentaires.

Les syndicats dénoncent une attitude fermée de la direction du Sofitel

Le syndicat des Métallos 9400, comme son nom ne l’indique pas, représente les professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme au Québec. L’organisation a officiellement dénoncé l’échec des négociations au Sofitel par la diffusion d’un communiqué de presse au mois d’avril 2021. Son vice-président Jean-René Dumas a notamment déploré un « employeur qui demeure fermé à toute entente ».

Quelles que soient les responsabilités respectives dans l’échec de cette négociation collective, les conséquences seront lourdes pour un certain nombre de salariés du groupe. Il est estimé que la plupart d’entre eux devront travailler au moins deux ans pour reconquérir les mêmes avantages sociaux qu’avant la crise.