Plan d’épargne retraite (PER) : un succès remarquable

Le nouveau plan d'épargne retraite (PER), issu de la loi Pacte du 22 mai 2019, a définitivement remplacé un grand nombre de supports d'épargne retraite au 1er octobre 2020, dont le PERP, le PERCO ou encore les contrats « article 83 ». Ce pari risqué semble porter ses fruits au vu du grand nombre de souscriptions enregistrées depuis la naissance du produit.

Succès plan épargne retraite (PER)

Avec ses avantages fiscaux substantiels, la possibilité d’une sortie en capital ou encore des conditions de déblocage anticipé plus simples, la souplesse du PER semble susciter l’adhésion générale d’un public d’épargnants désireux de se préparer activement un complément de revenu après la fin de leur vie active.

PER : des chiffres de souscription encourageants

Le plan d’épargne retraite est encore une relative nouveauté : il a été lancé en octobre 2019, avec l’ambition de se substituer à plusieurs anciens produits via ses trois grands compartiments :

  • le PER individuel (PERIN), en remplacement des PERP et des contrats Madelin ;
  • le PER collectif (PERCOL), en remplacement du PERCO souscrit au niveau de l’entreprise ;
  • le PER catégoriel (PERCAT), en remplacement de l’ancien contrat «  article 83  » ou encore du Plan d’Épargne Retraite Entreprise (PERE).

Selon les chiffres publiés par la Fédération française de l’assurance (FFA), la proposition a séduit un public assez large. Au 31 janvier 2021, soit un peu plus d’un an après sa création, le PER revendiquait déjà :

  • 1,24 million de contrats ouverts ;
  • un encours total de 13,4 milliards d’euros.

La dynamique semble par ailleurs se poursuivre cette année. Pour le seul mois de février 2021, la FFA recense 68 000 nouveaux PER souscrits, dont 17 000 issus du transferts d’anciens produits d’épargne retraite ou d’assurance vie, mais aussi le versement net de 879 millions d’euros qui sont donc venus s’ajouter à l’encours global.

Ces chiffres, évidemment, sont encore très éloignés de ceux des produits financiers favoris des Français, à commencer par l’assurance-vie et son encours spectaculaire de 1 753 milliards d’euros fin 2020. Ils constituent cependant un bon démarrage pour un produit qui n’a pas bénéficié d’une grande médiatisation à son lancement.

Qui s’intéresse au PER aujourd’hui ?

Au mois de mars 2021, AltaProfits a livré une étude intéressante sur les premiers pas de sa formule Titres@PER, un PER individuel assuré auprès de SwissLife. Les 1 200 premiers souscripteurs du contrat ont été passés au crible afin de dégager quelques lignes de force et un portrait type de l’épargnant retraite.

Chez AltaProfits, le souscripteur d’un PERIN :

  • est âgé le plus souvent de 41 à 56 ans – soit né entre 1965 et 1980 – avec un âge moyen de 50 ans ;
  • est un homme dans 74% des cas ;
  • a un horizon d’investissement de 12 ans, puisque son objectif est la constitution d’un capital retraite avant d’atteindre l’âge légal de départ à 62 ans ;
  • est principalement intéressé par la déduction fiscale des versements, puisque 99,92% optent pour cette solution ;
  • investit en unités de compte (UC), ce qui était le cas pour 76% des souscripteurs.

En terme d’allocation de portefeuille, les épargnants optent pour la sécurité en favorisant une répartition sectorielle (technologie, santé, industrie…) et géographique (Europe, Amérique, Monde…) assez équilibrée. Notons que beaucoup de PER incluent des unités de compte spécialement conçues pour différents profils d’épargnants (prudent, équilibré, dynamique…).

Pourquoi le PER remporte-t-il un tel succès ?

Le plan d’épargne retraite cumule un certain nombre d’avantages et de caractéristiques qui le distinguent favorablement des produits qui existaient précédemment, tout en conservant certains de leurs points les plus positifs.

Une enveloppe d’épargne retraite accessible à tous

Les anciens produits d’épargne retraite avaient pour gros inconvénient d’être trop compartimentés pour la plupart : le PERCO pour les salariés en entreprise, les contrats Madelin pour les travailleurs indépendants… Le PER, quant à lui, est ouvert à n’importe quelle personne physique résidant en France, quelle que soit son activité professionnelle.

Cette universalité du PER représente une sécurité à une époque où de nombreux actifs sont amenés à changer d’orientation professionnelle une ou plusieurs fois au cours d’une carrière. Ils ont ainsi l’assurance que leurs droits les suivront partout, sans nécessité de réaliser un transfert entre plusieurs produits au fonctionnement différent.

Des versements déductibles du revenu imposable

Les versements volontaires réalisés sur l’enveloppe du PER sont directement déduits des revenus imposables de l’épargnant. Plus le détenteur d’un PER est imposé à un taux élevé, et plus cet avantage est donc substantiel. Le plafond de déductibilité est le même que l’ancien PERP. En 2021, il s’élève pour les salariés :

  • jusqu’à 10% des revenus imposables de 2020, dans la limite de 32 908 € (10% du plafond annuel de la Sécurité sociale multiplié par 8) ;
  • ou jusqu’à 10% du PASS 2020, soit 4 113 € – selon ce qui est le plus favorable.

La possibilité de sortir en capital

À l’issue de la période d’épargne et de capitalisation, le détenteur d’un PER est libre d’opter pour le versement d’un capital, pour une sortie sous forme de rente viagère ou encore pour un mélange équilibré entre les deux. En apparence anodine, cette liberté constitue une avancée importante par rapport aux anciens produits d’épargne retraite, qui n’autorisaient pour la plupart que la rente viagère sauf circonstances particulières.

Or la rente viagère est souvent jugée moins attirante et surtout moins sécurisante, dans la mesure où le nouveau retraité n’est jamais certain de récupérer la totalité de sa mise, en fonction de son espérance de vie et du montant de la rente reçue.

Un déblocage anticipé plus simple

L’épargne retraite a longtemps reçu le surnom de « produit tunnel ». Cela était dû au fait que l’épargnant ne pouvait plus récupérer son versement avant la liquidation du contrat, c’est-à-dire au moment de la retraite. Seules des circonstances exceptionnelles permettaient de récupérer le capital versé par anticipation, dont :

  • le décès du conjoint ;
  • l’invalidité ;
  • la fin des droits à l’indemnisation chômage ;
  • la liquidation judiciaire de l’entreprise de l’assuré.

Le PER ne change pas complètement la donne en la matière, mais ajoute néanmoins un cas supplémentaire et essentiel : l’acquisition de la résidence principale. Il devient donc possible de vider un PER dès lors que vous envisagez un projet immobilier personnel, ce qui constitue une sécurité importante.

Deux Français sur trois avouent aujourd’hui leur crainte de manquer d’argent après la fin de leur vie professionnelle. C’est dans ce contexte d’incertitude, exacerbé par le projet de réforme des différents régimes de retraite, que le PER pourrait se distinguer et s’imposer comme un véritable couteau suisse de l’épargne retraite par capitalisation. L’année 2021 permettra de confirmer ou d’infirmer la dynamique du produit, pour l’instant très positive.